« C'est moy que je peins »

Figures de soi à l'automne de la Renaissance

ISBN : 978-2-84050-774-1
Date de publication : 15/12/2011
Format : 16x24
Nombre de pages : 600
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24,00 €

Que voulut exprimer Montaigne lorsqu’il écrivit, à l’adresse du « lecteur » de l’automne de la Renaissance, « Car c’est moy que je peins » ? Pourquoi le motif de la peinture de soi s’imposa-t-il ainsi fermement à lui au tournant de 1580 ? Dans ce livre singulier, Marie-Clarté Lagrée réfléchit, en historienne, à l’imaginaire de la personne humaine, et donc à la construction culturelle de l’intériorité qui est au travail en amont et en aval des Essais, entre 1560 et 1630. Elle isole les différentes figures de soi qui ont cours et sont élaborées alors que le royaume de France bascule dans la division religieuse, et dévoile un glissement capital autour de 1580.

La représentation dominante de la personne, qui prévalait, appuyée sur les Écritures, sur Aristote, sur Thomas d’Aquin, sur Hippocrate ou encore sur Galien, fut mise en crise : le cheminement de ce livre scrute un délitement subjectif insidieusement en œuvre dans les consciences, puis discerne les mouvements et les tensions de restructuration qui interviennent durant le premier tiers du XVIIe siècle. Marie-Clarté Lagrée invite le lecteur à entrer, comme par effraction, dans une appréhension troublée de soi, toujours mouvante et bien souvent inquiète, qui était celle des contemporains du temps des conflits religieux

 

Préface, de Denis Crouzet

Introduction

Première partie : Persona et personae au milieu du XVIe siècle (des années 1560 aux années 1580)

Chapitre 1 : Une configuration dominante

1. Composé de corps et d’âme

2. L’homme en son lieu : l’inscription de la persona dans l’espace

3. « À la recherche du tans »

Chapitre 2 : Variations confessionnelles autour d’un même modèle

1. Quelle présence du modèle aristotélico-thomiste ?

2. Les facultés de l’âme: une interprétation différenciée

3. La persona réformé à l’échelle du temps

Chapitre 3: Figure libre autour d’une configuration dominante : l’exemple du « docte et fol » Guillaume Postel

1. Déclinaisons de la persona postellienne

2. L’immutation de janvier 1552

Chapitre 4: Alter et persona

1. Jeux de contraires ?

2. Imitation et altérité paradigmatique

3. Crispations autour de la figure de l’autre

Deuxième partie : Délitement et restructuration (des années 1580 aux années 1630)

Chapitre 5 : Délitements et remises en cause

1. Fragmentations déstructurantes

2. Forces et faiblesses de la critique montaignienne

3. Une configuration en lambeaux

Chapitre 6: Une persona ligueuse ?

1. Les angoisses et les frayeurs de la Ligue

2. Expériences dramatiques

3. Une réponse élaborée : le cercle Acarie

Chapitre 7: La restructuration catholique : une persona équivoque

1. Combats catholiques

2. Une victoire bien fragile

3. La fin d’une béance ? Les enseignements de deux évêques

Chapitre 8: La restructuration réformée : sérénité et profondeur

1. Combats réformés

2. Flux et reflux

3. La reconfiguration d’une intériorité

Conclusion

Postface, de Frank Lestringant

Bibliographie

Index

Frank Lestringant est professeur de littérature de la Renaissance à l’université Paris-Sorbonne. Il est docteur honoris causa de l’Université de Genève (2015). Spécialiste des voyages au Nouveau Monde au XVIe siècle et de la littérature des guerres de Religion, il a publié une trentaine de...

Agrégée d'histoire et docteur en histoire moderne de l'université Paris-Sorbonne, Marie-Clarté Lagrée travaille sur l'histoire culturelle de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle. L'ouvrage "C'est moy que je peins". Figures de soi à l'automne de la...

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