La Glorieuse Révolution (1688-1701)

ISBN : 979-10-231-0512-4
Date de publication : 12/01/2018
Format : 145 x 210
Nombre de pages : 310
16,00 €

La Glorieuse Révolution, qui voit en 1688-1689 le roi Jacques II s’exiler en France, puis sa fille Marie et son gendre, le chef militaire hollandais Guillaume d’Orange, accéder conjointement au trône, est souvent considérée comme le moment fondateur de la monarchie constitutionnelle britannique. On la décrit comme glorieuse, car elle serait advenue sans effusion de sang, sans un soulèvement populaire qui aurait pu plonger le royaume dans la guerre civile et car elle aboutit rapidement à un nouveau consensus politique rééquilibrant les pouvoirs de la Couronne et du Parlement. Cette révolution conservatrice, essentiellement motivée par une défense réactionnaire de l’Église d’Angleterre face à un roi catholique et qui n’aurait pas eu lieu sans ce qui n’est ni plus ni moins qu’une invasion militaire néerlandaise, est une « révolution de palais », un coup d’État dynastique qui ne redéfinit pas de manière systématique la constitution de l’État.

Cet ouvrage adopte une perspective plus large dans l’espace et dans le temps, d’abord en ne se limitant pas au point de vue anglais mais en englobant à la fois l’impact des événements irlandais et écossais et en prenant la dimension géopolitique européenne (essentiellement les rapports avec la France et la Hollande) ; ensuite en considérant que la révolution s’inscrit dans la continuité de la première révolution des années 1640-1650 et qu’elle ne se termine pas en 1689, mais se déploie et continue de se redéfinir pendant la décennie du règne de Guillaume III.

L’image que l’on obtient est une révolution à la fois plus conflictuelle et plus violente, mais également une révolution qui a radicalement transformé le fonctionnement des institutions et mené à la naissance d’un État bureaucratique, fiscal et militaire moderne qui allait faire de la Grande-Bretagne une puissance de premier plan au XVIIIe siècle

 

Introduction

 

Chapitre 1.

Le retour de la Glorieuse Révolution

Panorama historiographique depuis le lendemain de la Révolution : histoire whig – marxisme – révisionnisme – jacobitisme et post-révisionnisme – Positionnement de l’ouvrage.

 

Chapitre 2.

Quelles origines pour la Révolution ?

Couronne déficitaire et ambitions royales – Le statut du parlement – Couronne, aristocratie, gentry et intérêts marchands : la question de la propriété – L’ennemi national : le catholicisme – Un paysage religieux divisé : Église et nonconformismes – La dimension britannique : statuts de l’Écosse et de l’Irlande – La relation triangulaire Angleterre, Provinces-Unies, France – Des épisodes fondamentaux en amont : la guerre civile, la première révolution et Cromwell, la Restauration de la monarchie, la crise de l’Exclusion (1679-1681) et la naissance des clivages Cour/Pays, Whig/Tory.

 

Chapitre 3.

Une politique royale vouée à l’échec ?

Montée de l’absolutisme dans les quatre dernières années du règne de Charles II (1681-1685) : nature et méthodes – Le règne de Jacques II (1685-1688), roi d’inspiration gallicane ou chantre de la tolérance ? – Une « absence » de politique étrangère ? – L’interprétation révisionniste à l’épreuve des cas écossais et irlandais – La constitution des oppositions au monarque : la révolution tory ?

 

Chapitre 4. 

Une invasion ?

Le profil politique de Guillaume d’Orange et ses motivations en 1688 – Le nouvel axe géopolitique Hollande-Angleterre – Le débarquement de Torbay et les insurrections du Nord – La guerre civile n’aura pas lieu, place à la révolution – La fuite du roi et la crise constitutionnelle.

Chapitre 5.

Le redéploiement du consensus

Les divisions de la Convention – Un compromis nécessaire ? : la Glorieuse Révolution de 1689 – La Declaration of Rights fut-elle contractuelle ? – La marginalisation politique à l’œuvre : la querelle de l’allégeance, splendeurs et misères du républicanisme, Locke et la Révolution – Un consensus religieux advenu par erreur ? : le Toleration Act.

 

Chapitre 6.

La marge au centre

Une « vraie » révolution en Écosse et la contre-révolution en Irlande ? : presbytérianisme et jacobitisme – La guerre des Highlands – La campagne de Jacques II en Irlande : l’affrontement, enfin – Le premier volet de la guerre européenne - De la Boyne à Limerick (1691) : quel avenir pour l’Irlande ?

 

Chapitre 7.

La Révolution à l’épreuve de la guerre

La guerre, véritable facteur de changement ? – Le retour de la conflictualité : le réalignement des Whigs et des Tories, un nouveau parti du Pays – La montée en puissance du parlement : ambitions parlementaires et nécessité royale – La révolution fiscale, financière et bureaucratique – Autoritarisme de Guillaume III et nouvelle limitation du pouvoir royal : l’Act of Settlement (1701) – La question de la succession en entraîne une autre : la question de l’union entre Angleterre et Écosse.

 

Conclusion

 

Index

Annexes

Bibliographie

 

 

Frédéric Herrmann est maître de conférences à l’université Lumière-Lyon 2. Il enseigne aussi à Sciences Po Lyon et à l’École normale supérieure de Lyon. Sa recherche porte sur le XVIIe siècle britannique, siècle des révolutions, en particulier sur les différentes formes de radicalisme...

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