Des saints d'État ?

Politique et sainteté au temps du concile de Trente

ISBN : 978-2-84050-795-6
Date de publication : 20/02/2012
Format : 16x24
Nombre de pages : 182
Informations : 4 p. HT en couleur
18,00 €

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Lorsque Mary MacKillop a été canonisée en octobre 2010, la presse de Sydney s’est félicitée de cette première sainte : il manquait un saint à l’Australie pour être une véritable nation. Ce très récent exemple, dans un pays où le catholicisme n’est pas majoritaire, montre la force et la persistance étonnante des rapports entre politique et sainteté. C’est cette idée de « saint d’État », paradoxale et, dans une certaine mesure, provocatrice, qu’ont été invités à soumettre à leur grille d’analyse les historiens qui ont participé à ce livre : il s’agissait d’interroger l’appropriation et la production de figures de sainteté par les États dans l’Europe tridentine en transcendant les frontières confessionnelles.

Partant de la redéfinition de la sainteté au temps du concile de Trente, cet ouvrage souligne à quel point les enjeux théologiques et politiques s’entremêlent. La réflexion porte à la fois sur les fonctions des saints, sur les autorités capables de reconnaître les signes de l’élection divine, mais aussi sur la portée des modèles et des figures de la sainteté. En effet, s’impose le constat que, malgré les divergences et quelles que soient les spécificités des conceptions de la sainteté, la dimension universelle du saint est partout renforcée. Ainsi, les patronages étatiques sont choisis plutôt dans le panthéon de l’Église universelle que dans les figures locales ou nationales. Cependant, cet universalisme est davantage porté par les États quitte, dans le monde catholique, à contester les règles fixées par Rome ou à s’en jouer. Au temps du concile de Trente, la communauté des sujets doit être plus que jamais une communauté de fidèles, mais dont l’État et, surtout, les princes tendent à assumer davantage le rôle de guide spirituel face à la « monarchie pontificale ».

 

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Maître de conférences à l'université de Bordeaux Montaigne, Florence Buttay est aussi la directrice scientifique du Festival de l'histoire de l'art depuis sa création en 2011. Spécialiste du XVIe siècle, ses travaux se situent à la rencontre de l'histoire de l'art, de l'histoire...

Ancienne membre de la section scientifique de la Casa de Velázquez, Axelle Guillausseau est professeur d’histoire en classes préparatoires littéraires au lycée Thiers (Marseille). Après avoir consacré sa thèse à l’étude des concepts de « sainteté » et de « miracle » dans les royaumes de France...

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